Brian O'Keefe / Atelier Pelicom design


 

Alors que ma passion pour la culture et le patrimoine québécois a surgi durant ma vie de jeune adulte, ma fascination pour les arts visuels, quant à elle, se développa pratiquement dès ma naissance. En effet, de ma chaise haute et de mon parc d’enfant, je voyais ma mère dessiner et peindre entre les repas et les travaux ménagers. Pour moi, sa capacité de produire des images à la main sur des surfaces blanches relevait de la magie. Peu de temps après, ma mère m’enseignait cette magie et, durant mes premières années à l’école anglaise, je reproduisais des bandes dessinées américaines (Batman, Fantastic Four, Silver Surfer, Thor, etc.). En sixième année, j’ai créé « Le bricoleur », un personnage chauve avec une moustache portant une camisole blanche et des pantalons à bretelles qui, maladroitement, construisait une cabane à chien, un hangar, un patio, une clôture, etc., tout en commettant des erreurs comiques. En gagnant un prix à l’école pour mon personnage, je devins reconnu auprès de mes amis comme étant LE dessinateur et, à douze ou treize ans, je commence à dessiner mon entourage : ma mère, mon grand-père, mes amis, leurs maisons et des scènes de rue de mon quartier.

 

À ma sortie de l’université et entre mes divers emplois, ma passion pour l’histoire du Québec se lie à mon attrait pour les arts visuels. J’en viendrai éventuellement à exprimer mon goût pour le Québec par le dessin, la photographie et l’imagerie numérique qui sont devenus, depuis une vingtaine d’années, une passion presque à temps plein.

 

Mon parcours artistique m’a permis de toucher à plusieurs médiums, tels que la mine de plomb, le crayon de couleur, l’encre de chine et l’aquarelle. J’en suis venu à choisir la mine de plomb comme médium de base grâce à son potentiel dans la reproduction de détails et de tonalités subtiles, même si les tonalités restent du domaine du monochrome. Si l’utilisation de la couleur semble plus opportune, je reproduis mon œuvre et la rehausse au crayon de couleur, à l’aquarelle ou à l’encre de chine, des médiums dont la transparence garde intacte la visibilité du trait de crayon et de ses nuances tonales. Je peux aussi numériser l’œuvre et y mettre de la couleur par imagerie numérique.

 

Derrière le développement de ma technique et de mon approche, laquelle peut porter le nom de l’hyperréalisme, il existe une double motivation. Dans un premier temps, ma technique me permet de rassembler le général et le particulier, de mettre en valeur autant l’ensemble que le détail de manière à accrocher l’œil et de dégager une fascination. Pour ce faire, je commence par prendre deux séries de photos.  En réalisant l’œuvre, je commence par saisir la perspective et ses éléments composants à partir de la première série de photos. Pour aller chercher la variété du détail textural, je me laisse guider par ma deuxième série de photos. Mon œuvre représente alors une prise de vue sur à une distance donnée, mais incluant des détails d’une prise de vue rapprochée – ce qui fait que le spectateur peut être fasciné par les détails (exagérés) de l’œuvre.

 

Dans un deuxième temps, ma technique et mon approche artistique visent à créer une attention visuelle qui peut piquer la curiosité du spectateur pour l’amener au-delà d’une expérience existentielle de beauté, au-delà d’une exclamation sur les détails. Le souci et la précision du détail visent aussi à susciter un désir d’approfondir le contexte social et historique du sujet traité – le quand, le qui, le pourquoi, etc.

 

Depuis quelques années, mon travail est devenu plus complexe et exigeant, motivé par le désir d’examiner d’un côté, le patrimoine vécu depuis la fondation de la Nouvelle-France jusqu’au Québec d’aujourd’hui et, d’un autre côté, d’aborder des sujets sociaux tels la jeunesse, les femmes, le travail et les loisirs. En plus,  j’ai commencé à intégrer l’imagerie numérique à mon approche artistique sans toutefois délaisser, ni le souci du détail, ni le désir d’amener le spectateur à vouloir approfondir le contexte social et historique des nouveaux sujets traités

 

La beauté de cette quête est qu’elle est infinie, comme, d’après moi, l’existence de la matière d’ailleurs.